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mercredi 29 novembre 2017

Sans titre !









Hommage au regretté musicien Si Mustapha Bahar

Le roi de la kouitra
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Le regretté Si Mustapha Bahar

Membre de l’ensemble de la Société des concerts du conservatoire d’Alger, puis soliste à l’orchestre de la RTA dès sa création, son jeu nous envoûta durant de longues et belles années, il connut les directions de Mohamed Fakhardji, Abderrezak Fekhardji, Mustapha Skandrani, Zerrouk Mokdad et la compagnie des plus illustres noms de la nouba algéroise…
Cet artiste exigeant et curieux de tout a poussé l’élégance et la subtilité «mandolinistique» à son paroxysme, lui conférant un discours d’un intimisme bouleversant. Cet intimisme résonne en écho à une philosophie de vie fuyant les scènes artistiques désormais vendues aux décibels, aux paillettes et au mercantilisme…
Son jeu si particulier, composé d’un doigté caressant et chatouillant les cordes, alliait à la perfection la préciosité de l’arabesque et l’émouvante austérité propre à l’esthétique arabo-andalouse. Contre l’invasion de l’ornementation excessive polluant le discours musical, notre artiste était un fervent défenseur de la limpidité, obtenant de sa snitra des notes perlées au sens si profond.
A ce propos, Si Mustapha Bahar exhibait son leitmotiv préféré : «Un grain de beauté fait le visage attrayant, sa multitude un repoussoir !!! »
Avec son immense et exceptionnelle connaissance du répertoire et son art consommé de la snitra enchanteresse, notre grand artiste est resté fidèle au joyau philosophique et esthétique de la nouba : simplicité et modestie au service de la musique. «Servir la musique et non s’en servir», aimait-il répéter. Fort loin des égos surdimensionnés qui déforment et trahissent l’esprit de notre belle musique, il les appelaient les frelons envahisseurs…
Si Mustapha Bahar a renoué avec la pratique musicale ayant cours jusqu’au début du XXe siècle : le cercle familial ou la petite cour des aficionados humant la moindre nuance, s’émouvant à la magie d’une inflexion dont les vrais maîtres avaient le secret. Le tarab avait du sens…
Notre noble artiste fut digne de ses filiations :
L’émouvante snitra de Omar Hibbi et l’enchanteur Kyatri Ahmed Sebti ne l’ont jamais quitté, peuplant ses rêves et abreuvant son inspiration. Il les évoquait sans cesse. Rappelons que ces deux illustres musiciens furent les disciples du père de ammi Mustapha : Mohamed Bahar, dit El Hassar, le tisserand qu’il fut et dans l’atelier duquel convergèrent tous les grands noms de la nouba algéroise de l’époque pour étancher leur soif de savoir auprès d’une source fiable et intarissable. Naturelle compagnie de la quotidienneté et de l’attachement à un fil conducteur.
Et la hantise de le perdre. Avec courage et abnégation, Si Mustapha Bahar a su se hisser aux cimes d’un minimalisme propre aux interprètes de génie.
Il doit énormément à son père pour sa connaissance du répertoire andalou : Mohamed Bahar, que les grands noms de cette musique sollicitaient pour sa grande mémoire. Mohamed Benguergoura et l’irremplaçable Dahmane Benachour venaient de Blida en calèche puiser dans le répertoire de ce généreux donateur. A la moindre demande, ce petit commerçant fermait boutique, se saisissait de sa kwitra pour dispenser son immense savoir et transmettre le flambeau à une autre génération.
La famille Bahar nous a donné un autre grand artiste, le cousin de Mustapha : Mohamed Behar, le roi de la kwitra et modèle pour tant de générations !
Soucieux de conjurer ce dicton de Amadou Hampâté Bâ, selon lequel une bibliothèque brûle à chaque décès d’un vieillard africain, Si Mustapha Bahar n’a cessé de transmettre son savoir, aussi bien en Algérie qu’en France, où il enseigna à Bourges avec son cousin Mohamed. Ammi Mustapha, tu peux partir en paix pour avoir su donner jusqu’à ton dernier souffle de centenaire…
Merci pour cet exigeant et toujours élégant compagnonnage que j’ai eu le grand privilège de partager avec ton autre fidèle disciple : Cheikh Zerrouk Mokdad, actuel dirigeant de l’Ensemble régional d’Alger .
Ta simplicité, ton élégance, ta délicatesse et la générosité avec laquelle tu nous recevais, la finesse avec laquelle tu nous embarquais dans tes savoureuses anecdotes nous manqueront à jamais. Et les perles sonorités de ta délicieuse snitra nous accompagneront toujours…
Paix à ton âme et joyeuses retrouvailles de ta merveilleuse snitra avec l’incomparable kwitra de Si Mohamed dans les jardins de l’Eden !
Allah yarhamkoum !Amîn !
 

(*) Dirigeant de l’Ensemble Albaycin
Fondateur de l’Ensemble national et son premier dirigeant
Fondateur du Festival international de musique andalouse et des musiques anciennes


El Watan  le 28.11.17
Illustration Vidéo 
Daboudj1948  




jeudi 20 juillet 2017

La chanson. ..



                                                                                                 En deuil !



Blaoui Houari (بلاوي الهواري), né à Oran le 23 janvier 1926 et mort le 19 juillet 2017 à Oran[1], est l'un des fondateurs avec Ahmed Wahby du genre musical nommé El Asri, un genre nouveau né à Oran dans les années 1940 et influencé par la musique arabe traditionnelle du Moyen-Orient avec un langage poétique typiquement oranais, mais surtout c'est le chanteur qui a révolutionné et modernisé la musique Bédoui, un style typique dans l'Oranie.


Blaoui Houari est né à Sidi Blel dans le quartier de Médina Jdida d'Oran, il fera son apprentissage musical grâce à son père Mohamed Tazi mélomane et joueur de kuitra  (sorte de guitare) ainsi que son frère Kouider Blaoui qui lui fera découvrir et aimer les sonorités du banjo et de la mandoline.

Il quitte l'école vers l'âge de 13 ans pour aider son père qui tenait un café. Sous l'influence des musiciens oranais, il va s'imprégner de la musique moderne. Et c'est aux Folies Bergères, devenu plus tard le Cinéma Pigalle puis aujourd'hui Salle el-Feth qu'il remporte un premier prix de Radio-Crochet. Ce succès le décidera dans une voie de modernisateur d'un genre populaire oranais, le bédoui, auquel il restera attaché.

En 1942, lors du débarquement américain à Oran, il est engagé comme pointeur aux docks du port. Il va alors s'initier au piano et à l'accordéon et reprendra en compagnie de Maurice El Médioni des succès américains et français. Durant les années 1940, il anime des mariages, des circoncisions et des fêtes familiales, transcrivant, pour la première fois, la musique bédouine avec des instruments modernes notamment en reprenant le célèbre poème Biya Dek el-Môr écrit par Cheikh Bensmir.

En 1943, il fonde avec l'aide de son frère Maâzouzi et de l'arbitre international Kouider Benzelat son premier orchestre musicos-théâtral où l'on retrouve Abdelkader Haoues, Boutlélis, Meftah Hmida et Blaoui Kouider.

En 1949, il prend la direction de l'orchestre chargé d'animer, tous les quinze jours durant six mois, la saison de l'opéra d'Oran. Devenu professionnel, il enregistre en 1955 chez Pathé son premier 45 tours où il reprend le fameux Rani M'hayer de Benyekhlef Boutaleb.

Blaoui Houari a été détenu à l'époque de la Révolution au camp de concentration de Sig  (ex Saint Denis du Sig). Après l'indépendance, il rejoint la station régionale d'Oran de la Radio et Télévision algérienne (RTA) en tant que chef d'orchestre. Il participe durant sept mois à l'animation de l'ensemble musical algérien qui se produisait à l'exposition universelle de 1970 d'Osaka, au Japon. En 1986, il enregistre un album sous le titre Dikrayat Wahran, Les souvenirs d'Oran. Il adopte un rythme et style tout à fait oranais. Depuis, il s'est retiré progressivement de la scène artistique.


*Naissance 23 janvier 1926
Oran, Algérie
Décès 19 juillet 2017 (à 91 ans)
Oran
Activité principale Auteur, compositeur, interprète
Genre musical Chanson oranaise, Bédoui
Instruments guitare, piano, bango, accordéon, oud,....

                                                             ...A suivre

lundi 27 février 2017

Hommage...



Hommage à Abdelmadjid Meskoud à la salle Ibn Khaldoun,...
C’est à l’initiative d’un collectif d’artistes algériens, en collaboration avec l’établissement Arts et culture de la wilaya d’Alger, qu’un public nombreux est venu assister à cette soirée chaâbie, placée sous le signe de l’amitié et de la reconnaissance à la fois.

Abdelmadjid Meskoud est un nom intimement lié à la musique chaâbie, notamment après sa révélation en 1989, avec sa célèbre chanson phare Ya Dzaïr El Assima. Ses mélomanes le savaient malade depuis le 25 février 2016, date de son Avc (accident vasculaire cérébral) et son amputation en septembre dernier, mais priaient pour qu’il guérisse et retrouve très vite son fidèle public. Leur souhait a été exaucé, grâce à une heureuse initiative, initiée par un collectif d’artistes algériens. Ainsi l’artiste a retrouvé ses amis, sa famille et son public le temps d’une très belle soirée, qui restera, à coup sûr, dans les annales.

Quand le chanteur fait son entrée dans la salle, sur une chaise roulante, tout le monde se lève pour le saluer. Une standing ovation spontanée, suivie par une longue série de youyous. Le chanteur est tellement ému qu’il laisse couler de grosses larmes de bonheur. L’atmosphère est telle que certaines personnes n’arrivent pas à contenir, eux-aussi, leur émotion. Abdelmadjid Meskoud est tout de suite assailli par une foule qui ne demande qu’à le saluer et lui faire une accolade.

Les agents de sécurité ont eu, d’ailleurs, du mal, à faire régner la discipline tant la demande était importante. Avec la modestie qu’on lui connaît, l’artiste était souriant et attentif au moindre égard. Place ensuite au concert. Le la de la soirée est donné par un orchestre chaâbi pilote, composé de neuf musiciens chevronnés. Pendant près de trois heures, des artistes à la notoriété bien assise se sont succédé avec chacun deux chansons choisies, exhumées du patrimoine chaâbi. Nourreddine Alane, Mohamed Laâgeb, Didine Karoum,  Hamidou et Abdelkader Chaou, ils ont tous eu un mot, une attention et un remerciement pour leur ami de cœur, Abdelmadjid Meskoud, soulignant unanimement le sentiment de «famille» qui rayonne sur la salle Ibn Khaldoun.

L’émotion monte de plusieurs crans quand le fils de Meskoud, Youcef, s’empare du micro pour chanter dans un style rap une chanson poignante pour ses parents, mais ô combien révélatrice de son contenu ! D’une voix prenante et sincère à la fois, il crie tout son amour à ce père tendre et affectueux, à qui il demande la guérison totale, et à cette mère reconnaissante, qui a toujours été présente pour sa petite famille. Avec l’humour qu’on lui connaît, Abdelmadjid Meskoud demande le micro, à son tour, pour interpréter un morceau : façon singulière de remercier son public d’être venu à ce rendez-vous si cher à ses yeux. Après une petite hésitation, et surtout après une large concertation avec son vis-à-vis, il se lance dans l’interprétation de la chanson mythique Dzayer El Assima.

Dès l’entame du premier couplet, une grappe humaine s’agglutine autour du chanteur, pour immortaliser, via des appareils photo, ou encore des portables, ces belles séquences souvenir. Bien qu’étant encore en convalescence, l’artiste réussira à transporter plus d’un vers un passé, hélas, révolu à jamais. Rencontré en aparté, Youcef Meskoud nous confie que son père attendait avec impatience ce rendez-vous. «Ce retour vers son public est très important. Mon père a subi quatre douloureuses opérations. Je profite de cette occasion pour remercier, entre autres, la Sûreté nationale, le corps médical de l’hôpital militaire universitaire Saïd Aït Messaoudene de Bouchaoui et Aïn Naâdja, le wali d’Alger et les artistes algériens pour toute l’aide apportée à mon père. Je tiens à rassurer le public que mon père est toujours en rééducation, mais Dieu merci, il va beaucoup mieux. Son état s’améliore de jour en jour».

Pour rappel, Abdelmadjid Meskoud est né en 1953 dans le quartier algérois d’El Hamma, à Belcourt. Autodidacte par excellence, il gratte sa première guitare en 1969, tout en s’exerçant à la comédie, d’abord dans la troupe Mohamed Touri de la place du 1er-Mai que dirigeait Mohamed Tahar Benhamla, ensuite dans la troupe du Théâtre populaire (TTP) qu’animait Hassan El-Hassani. La chanson El-Assima le révèle au grand public en 1989. Un texte, brossant la destruction de son quartier d’El Hamma. Il s’est illustré, en outre, dans le film El-Gusto, sorti en 2011. Souhaitons à notre artiste un prompt rétablissement et un retour rapide sur la scène artistique algérienne.
Nacima Chabani

El Watan du 25.02.17 

lundi 25 novembre 2013

Une Petite Merveille !









Une petite Merveille,que j'ai "dénichée",avec retard certes,et quelques peu modifiée,sur Dailymotion chez un abonné dont le pseudo est tout un symbole "Ali_La_Pointe" tel quel !

Un istikhbar zidane ce n'est pas *Cheikh Abdelghani Belkaïd-Ahmed avec son violon...



...Non ! Et cette voix *d'une dame d'un âge avancée,mais les vrais artistes non pas d'âge c'est un don de Dieu tout simplement Merveilleux, au risque de se répéter  !


Le texte de la chanson importe peu, relatif à une erreur de jeunesse ?

Il manque un petit quelque chose,un mondole,et les doigts ,sans parti pris,de mon Ami Amar,pour précision Cheikh Ezzahi !!




C'est la chanteuse zanzibarie *Bi Kidude, légende du Taarab, musique traditionnelle de l'archipel tanzanien de Zanzibar et des îles et côtes de l'océan Indien,  décédée mercredi 17 avril 2013, chez elle dans son village proche de la ville de Zanzibar.




*Bi Kidude, qui serait née dans les années 1910 et dont le vrai nom était Fatuma binti Baraka, avait commencé à chanter dès les années 1920 et était considérée comme la reine de la musique Taarab.

Dérivé de la musique arabe classique, apportée entre la fin du XIXe et le tout début du XXe siècle à Zanzibar par les commerçants arabes.

Le Taarab s'est propagé sur les côtes kényanes et tanzaniennes, ainsi que dans l'archipel des Comores.




*Le virtuose algérien du violon, Cheikh Abdelghani Belkaïd-Ahmed, est né en janvier 1919 à S'haoula (banlieue algéroise) est décédé le 26 décembre 2012 à l’âge de 93 ans à l’hôpital de Suresnes en région parisienne. 

De Lili Labassi à Cheikh Mohamed Fakhardji en passant par El Hadj M'Hamed El Anka, il a accompagné les plus grands artistes dans les modes Arabo-Andalous, Hawzi et Châabi.
Musicien exceptionnel, homme d’une sagesse à la fois profonde et joyeuse, Cheikh Abdelghani Belkaïd-Ahmed a su transmettre son art à de très nombreux violonistes. Après une brillante carrière en Algérie, il s’installera à Puteaux (Hauts-de-Seine) au milieu des années 90 pour passer ses vieux jours auprès de ses deux enfants et de ses petits-enfants.