...Pas de musique
(Suite du précédent message)
"APC de la Casbah
«Vous affectez une partie des élèves à Barreaux-Rouges et
une autre à Kouba. C’est ce qu’ils nous ont proposé. Mais comment voulez-vous
qu’une jeune fille se rende dans cette zone connue pour son insécurité
(Barreaux-Rouges) pour y étudier jusqu’à une heure tardive (19h) ? Même avec
vos parents, on vous agresse. L’institution est très bien faite et compatible,
mais son emplacement n’est pas très rassurant… Sans oublier les parents
d’élèves qui vont être embêtés pour accompagner les enfants», argumente
Mustapha Bouafia. Par ailleurs, selon les enseignants, le transfert des élèves
dans les annexes n’est pas une si bonne idée. «Pour les cours de théâtre, les
élèves ont besoin d’une classe spéciale avec une estrade et un minimum de
décors et d’équipements.
Ça m’étonnerait qu’ils trouvent ce qu’il leur faut dans les
nouveaux établissements. Si cette fermeture vise le bien de tout le monde, on
sort ; mais il faut qu’on sache où aller et que la destination soit compatible
avec notre activité. Il est aussi important d’attendre que les examens soient
finis et que les élèves sortants décrochent leur diplôme. Ça a attendu des
années, donc ça peut attendre encore quelques jours», lance-t-il. Selon Anis,
un élève, «les cours ont repris et les examens se poursuivent depuis une
semaine dans les annexes du CCA situées à Kouba et Oued Koriche».
Ce dernier, qui a passé, hier, un examen à Oued Koriche,
affirme que «le plafond d’une des salles de l’institut présente un risque
d’effondrement». Cependant, pour les enseignants, cet argument n’est pas très
valable. Pour le professeur de théâtre L’hadi Henni, «quand une partie d’un
immeuble menace de tomber en ruines, c’est que tout le bâtiment présente un
danger et doit être fermé. Pas seulement une partie. C’est la logique...» Il
est à noter que dans l’immeuble du Conservatoire, le rez-de-chaussée, le premier
et le deuxième étages et une partie du troisième sont occupés par l’APC de La
Casbah.
Liquidation
Le Conservatoire occupe la deuxième partie du troisième
étage, les quatrième et cinquième étages. Mustapha Bouafia renchérit : «Cela
fait un bout de temps que le plafond a été ravalé et rénové avec un
faux-plafond ; il est tout neuf aujourd’hui. Pourquoi évacuer le Conservatoire
alors que l’APC y est toujours ? C’est une anomalie. Ils ont réhabilité toute
la partie de l’APC et négligé le reste. On a toujours les escaliers en bois qui
datent de 1897.» Surpris par la décision et perdus dans le silence des
autorités qui «n’ont pas bien expliqué leur démarche», les professeurs se
tournent vers le ministère de la Culture pour demander une «bouée de
sauvetage». «C’est maintenant que le ministère de la Culture doit nous aider.
Il faut qu’il nous aide parce que c’est un lieu adéquat pour tous les élèves
qui habitent la capitale.
Le ministère est en train d’utiliser les éléments sortants
professionnels du Conservatoire pour les différents festivals», appelle
Mustapha Bouafia. Pour sa part, L’hadi Henni propose un «consensus» : «S’ils
disent que le plafond est tombé alors qu’il est en réalité restauré, il y a une
solution. Au lieu de laisser tous les élèves finir leur année en catastrophe,
la wilaya, en collaboration avec le ministère de la Culture, peut trouver un
consensus pour alléger ce problème afin que les professeurs et les élèves
puissent utiliser les locaux de l’Ecole supérieure de musique.»
Depuis cette fermeture «non avisée» et jugée «arbitraire»,
plusieurs élèves et professeurs se mobilisent contre la liquidation de cet
immeuble qui date de 1897 dans lequel on a commencé à travailler en 1902. Ils
se sont réunis samedi dernier pour exprimer leur opposition à la décision de la
wilaya. Le Conservatoire va-t-il disparaître ? Non. D’après une source de
l’établissement Arts et Culture, «le Conservatoire d’Alger a été fermé pour
rénovation et le matériel est soigneusement gardé dans un des espaces
appartenant à Arts et Culture. L’Institut rouvrira ses portes en septembre
prochain mais ne pourra malheureusement pas accueillir le même nombre
d’étudiants.»
Ryma Maria Benyakoub
El Watan le 22.04.2016
...Asuivre

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire