Conservatoire
d'Alger 1952
*Terrasse du conservatoire en arrière-plan la
Casbah d'Alger.
...Pas de musique
"Fermé brutalement mardi 12 avril, le Conservatoire central
d’Alger attend une «rénovation». Les élèves se retrouvent obligés de suivre les
cours et de passer leurs examens dans les annexes. Les enseignants en veulent à
la wilaya qui ne les a pas prévenus du déménagement.
«On est devenus des SDF.» L’hadi Denni, professeur de
théâtre au Conservatoire central d’Alger (CCA), place des Martyrs, ne donne
plus de cours. «Mardi 12 avril, en plein examen, élèves et professeurs ont été
surpris par la présence des agents et des camions de la société Asrout, venus
vider le conservatoire de tout le matériel», raconte-il. Cela fait quinze jours
que les quelque 500 élèves et 40 professeurs ne se rendent plus au
Conservatoire, opérant sous la tutelle de la direction des arts et de la
culture de la wilaya d’Alger suite à une décision des autorités.
Une mesure prise «sans aviser les concernés», disent les
enseignants, alors que la wilaya avance officiellement «une évacuation
temporaire pour des travaux de rénovation du bâtiment». «Ils ont déjà essayé de
fermer le Conservatoire en 1995, mais ils n’ont pas réussi. Cette fois, ils ont
utilisé la force et ils nous ont mis devant le fait accompli. Le directeur
lui-même n’a pas été avisé !» soutient Mustapha Bouafia, professeur de musique
chaâbie et membre du conseil pédagogique. «On est vexés par la façon dont les
choses se sont passées. On leur a demandé pourquoi ne pas attendre la fin des
examens et l’année scolaire...
Certains élèves ont des examens importants qui viennent
conclure de longues années d’études», poursuit-il. En musique chaâbie ou
universelle, en théâtre ou en danse, pour décrocher un diplôme au Conservatoire
d’Alger, un cursus de deux ans ne suffit pas ; l’étudiant en théâtre s’engage
pour au minimum sept années, neuf ans et plus s’il choisit la musique populaire
chaâbie et pour la musique universelle, il faut suivre un cursus qui varie
entre huit ans et douze ans... «A la fin de leur cursus, les élèves souhaitent
sortir par la grande porte et dans des conditions normales. A la veille des
examens finaux, on vient leur dire : pas d’examen, allez voir ailleurs ! Ça ne
se fait pas», ajoute le professeur de musique..."
...A suivre
*Photo site Yafil
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