Quel contraste !
Eh oui , quel contraste à quelques pas de Dar el-Bakri ou Palais de *Khedaoudj el-Amia,devenu le Musée National des Arts et Traditions Populaires, des ruines de Douerates squattés,par des familles en mal de logements,"maladie" de notre époque !!
Le feux qui s'est déclaré ce jour là, a put être maitrisé avec l'arrivée du renfort ,celui de la protection civile, qui ont eut quelques difficultés à cause de la topographie des lieux et un manque d'eaux vite résolut.
*Le palais de la princesse Khadidja, "Dar el Bakri"
ou encore "Palais de Khedaoudj el Amia", autant de noms donnés à ce
monument historique planté au coeur de la médina d'Alger, est un incontournable
lieu de souvenirs et de méditation qui s'ajoute aux nombreux sites que compte
le patrimoine culturel matériel de l'Algérie.
Niché dans une venelle de la basse Casbah, ce palais qui
abrite le musée national des arts et traditions populaires, refuse d'abdiquer
et livre un combat têtu à son pire ennemi, le temps. Il se dresse dans toute sa
splendeur pour rappeler une époque révolue mais ô combien dense et intense. Un
rappel lancinant pour les générations qui se succèdent.
La belle princesse et le miroir
La légende raconte que la princesse Khadidja ou Khedaoudj el
amia (l'aveugle) était d'une rare beauté. Elle passait le plus clair de son
temps devant sa glace se contemplant et admirant son charme que l'on disait
hors du commun. Elle changeait de tenue et de coiffure plusieurs fois par jour,
corrigeant une imperfection ou redressant une mèche rebelle qui ferait offense
à cette apparence qu'elle voulait unique.
Le maquillage était, de toute évidence, trié et savamment
choisi pour rehausser encore plus ses traits. Son narcissisme allait
grandissant tant elle se trouvait belle au-delà de ce que l'on peut décrire.
Son souci du détail, qui la maintient rivée à son miroir, lui fit perdre la
vue, dit-on. Une autre version impute la cécité de la princesse au khôl (tracé
des yeux) qu'elle utilisait pour souligner ses yeux. L’excès de ce fard aurait,
été la cause de ce drame, selon certains.
Edifiée en 1570 sur le site appelé Souk El Djemaâ dans la
basse Casbah, sur les ruines de la zaouia et du mausolée de sidi Ahmed Ben Ali
par un officier de la marine ottomane en l'occurrence Rais Yahia, la maison
n'avait pas l'allure d'un palais mais simplement d'une grande demeure.
Elle avait été acquise par Khaznadji Hassan Pacha, trésorier
du roi ottoman sous l'ère du Dey Mohamed Ben Othmane qui a introduit des
modifications et des extensions, lui conférant l'aspect d'un palais qu'il a
offert a sa fille Khadidja El Amia.
Et Napoléon usurpa la demeure
Après l'invasion de l'Algérie par les français, en 1830, les
propriétaires des lieux ont été délogés, moyennant une somme modique, et le
palais est devenu le siège de la première mairie française d'Alger. Mais devant
la magnificence des lieux le roi de France de l'époque, Napoléon III et sa
femme Eugénie, ont décidé d'y élire domicile à partir de 1860. Chaque fois que
le roi venait à Alger il se rendait directement à ce palais.
Le palais conserve jusqu'à nos jours, son cachet
architectural authentique. Un portail imposant de bois sculpté s'ouvre sur
l'entrée principale qui mène à un long vestibule appelé "skifa"
adossée à des colonnes en marbre torsadées. Quatre arcades sont alignées sur le
côté gauche séparées par trois colonnes torsadées. Deux arcades longent le côté
droit du mur de la skifa (vestibule) orné de faïences aux couleurs gaies
appelées "Zelaidj".
A l'étage, se trouvent les chambres aux murs richement
décorés laissant transparaître l'art mauresque dans ses formes les plus
raffinées et qui renseigne sur le niveau artistique et le faste qui a
caractérisé l'époque ottomane.
Un connaisseur s'apercevrait vite des modifications purement
européennes introduites sur les pièces du haut, et ce, à partir de 1860, date
de la prise du palais par Napoléon III et son épouse Eugénie.
Pour accéder aux étages supérieurs, le visiteur doit
emprunter un escalier lui aussi surmonté d'une coupole. Au dernier étage, se
trouve le Menzah (terrasse) qui donne sur la façade maritime qui permettait aux
occupants des lieux de respirer l'air revigorant de la mer, et aux femmes
d'échapper à l'enfermement que proposent les pièces du palais.
Comme dans toute maison, le palais renferme les cuisines où
se trouve un puits pour les travaux quotidiens, les bains et les salles d'eau.
Transformé en 1947 en un service de conservation de l'artisanat, le palais est
devenu en 1961 musée des arts traditionnels et un salon permanent pour les
ateliers d'artisanat et des métiers anciens. En 1987, il devient le siège du
musée national des arts et traditions populaires.
L'édifice refuse d'abdiquer
Les chercheurs dans domaine du patrimoine, les sociologues,
les architectes et les fonctionnaires du musée se sont attelés à récupérer les
pièces de musée soit en les rachetant soit au moyen de dons de pièces effectués
par des citoyens ou des institutions.
Des pièces anciennes très précieuses, des meubles, des
travaux de tissage, de dinanderie, de cuir et de bois représentant les
différentes régions du pays sont exposés dans cette somptueuse demeure. On y
trouve des produits d'artisanat targuis et kabyles, des meubles algérois, des
bijoux de Tlemcen, des tapis d'Adrar, des tissus d'ameublement tissés en fils
de soie du M'zab et des pièces des Aurès.
La pièce centrale du musée est dédiée aux miroirs d'époque
savamment travaillés et finement ornés notamment celui qui aurait causé la
cécité de la princesse.
Entre la légende et la réalité qui ont entouré ce site
majestueux, la maison "El Bakri", comme il plait aux Algérois de
l'appeler, est là et bien là, remplissant sa mission historique, celle de
rester avant tout ce lien d'authenticité qui unit les générations.
Aps.dz
Tout cela c'est La Casbah, ou plutôt ce qu’était La Casbah , en attendant son dernier soupir,qui tarde à venir pour certains !!
...A suivre
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