dimanche 10 juillet 2016

La Casbah...





Rue *Hadj Omar



 


Rue Hadj Omar





Rue Hadj Omar


*Hadj Omar(1930-1982). Chanteur et homme de théâtre.

Hadj Omar, autant illustre inconnu que metteur en scène et comédien de renom. On l’appelait le brechtien et il était plus que cela. Il était incontestablement le plus grand de tous.
Il a aussi chanté les cireurs à l’époque où l’Algérie revenait au monde après 132 ans d’occupation sans partage et sept années et demi d’une guerre dévastatrice. Qui a vécu ces temps de misère, d’exclusion, où les enfants algériens, pour la plupart, au lieu de vivre leur âge, en batifolant et en allant à l’école, s’occupaient de bien autre chose : ils ciraient les chaussures des maîtres du moment.
Hadj Omar, frère de Missoum, ce qui ne gâche rien, avait trouvé le temps et la raison de chanter les damnés. Un jour, à la salle Pierre Bordes (auj. Ibn Khaldoun), il interpréta une chanson «Des roses blanches pour ma mère», l’histoire d’un petit cireur de la Casbah à la recherche de médicaments pour sa mère mourante, devant des spectateurs en larmes et dans un concert de youyous.
Ce spectacle avait amené le président Ben Bella, présent dans la salle, à prendre la décision, en prenant à témoin le public, qu’il n’y aurait plus de cireurs en Algérie. Ils furent (les cireurs) tous orientés vers des centres de réinsertions, où ils étaient nourris, logés, blanchis et formé à des métiers plus nobles.
Né en 1930 à Alger, Hadj Omar monte, pour la première fois, sur les planches à l’âge de treize ans pour chanter. Ses débuts ont été favorisés grâce à l’aide que lui apporta son frère, lui-même chanteur compositeur : Missoum. Le contact avec les planches lui a donné l’amour du spectacle et c’est avec El Mesrah El Djazaïri que son intérêt s’éveille réellement.
Le manque de paroliers «réalistes et sceptiques» le fait basculer dans le théâtre. Au fil des années, son amour du théâtre se fait toujours plus vivace. Il quitte le collège, devient commis greffier, chante El Casbah et les cireurs, puis apprend l’arrestation de son frère Missoum pour avoir chanté «je veux vivre libre» de Mohamed Abdelwahab.
Sa conscience se forge au contact des évènements. Le brechtien Hadj Omar, né à Alger en 1930, débuta ses premières années d’artistes à la radio pendant les années 40. Son abnégation et son volontarisme attirèrent chez lui l’admiration de Geneviève Bailac, fondatrice de Radio Alger-Jeunesse et André Assus, un comédien confirmé à la même chaîne. A partir de 1944, il rejoint la troupe de Mohamed Touri comme animateur du spectacle musical, où il chantera son célèbre texte Les Cireurs.
En 1948, il rejoindra la troupe de Mustapha Kateb, ‘La Joie’, rebaptisée El Masrah El-Djazairi, (le théâtre algérien). Il est à Paris, en 1952, où il s’inscrit aux cours dramatiques de Fernand Le Doux (1897-1993) à la salle Dullin. Élève de Jean Vilar, Hadj Omar l’assistera dans des spectacles de rues, tels Trèfle fleuri de R. Alberti et Dommage qu’elle soit une catin, un spectacle happening.
Très affecté par la mort de son demi-frère Missoum et de sa mère, Hadj Omar sombra dans la douleur et le pessimisme le restant de ses jours. Il devait beaucoup à son demi-frère qui fut un militant de la première heure du combat algérien en France, puisqu’il sera arrêté en 1956, en Haute-Savoie, avec son camarade Hadj Saadaoui.
La même année, Hadj Omar sera à son tour arrêté par la police française dès son retour de Varsovie, où il participait au Festival mondial de la jeunesse au sein de la troupe de Mustapha Kateb. À sa sortie de prison, il rejoint la troupe de Jean-Marie Serrau en plein montage du Cadavre encerclé de Kateb Yacine.
 À l’indépendance, Hadj Omar rejoint le TNA que dirigeaient A. Safir, M. Kateb et M. Boudia. La scène occupe tout le restant de sa vie, oscillant de 1963 à 1979 entre l’interprétation et la mise en scène, occasion pour lui de mettre sur pieds les enseignements de Le Doux.
Il se lancera en 1963 dans le texte brechtien avec l’adaptation du Cercle de crée caucasien, qu’adapta Mahboub Stambouli (1925-2000), en clôturant ses jours sur scène, tel Molière, par une dernière apparition dans la pièce Stop (1979), de M’hamed Benguettaf. L’héritage dramatique de l’homme est composé de treize textes et au soir du 28 juillet 1982, il tombera dans une totale ignorance et depuis, son nom s’éloigne de plus en plus de la mémoire théâtrale algérienne, sauf, peut-être, l’appellation d’une salle portant son nom au grenier du TNA. Une reconnaissance tardive, bien tardive même, pour sauver les apparences.
Après «Stop» de Benguetaf, ultime pièce qu’il avait monté, c’est la descente aux enfers. Sans feu ni lieu, il déambulait de bar en bar et de tripot en tripot.
À la nuit tombée, lorsque ses compagnons de beuverie se dissipaient dans le noir encre des ténèbres pour retrouver leur lit douillet, Hadj Omar, seul, n’a d’autre endroit qu’un café situé à place Port Saïd pour cuver son vin et tenter de piquer un somme que le garçon dérangeait à chaque fois qu’il le surprenait «Réveillez-vous monsieur, ici ce n’est pas un dortoir !» De temps à autre, un ami l’invitait à dormir chez lui. C’est ce qui arrivait rarement. Mais Hadj Omar ne s’en plaignait pas. Il était trop digne pour s’abaisser à ce niveau de complaintes. Il s’indignait en silence. À son ami Zahir Bouzrar qui lui avait demandé de mettre fin à son mutisme qui avait duré trois ans d'affilée, en lui rappelant qu’il avait des choses à dire, Hadj Omar lui avait répondu : «Ça fait trois ans que j'ai cessé de penser.» Cela voulait sûrement dire que «ça fait trois ans que j’ai cessé de vivre».
Cet homme qui avait été poussé au silence, avait sûrement des choses à dire, des choses sûrement amères à entendre.
 Marginalisé durant sa carrière, bien qu'il soit l'un des plus grands metteurs en scène, sinon le plus grand qu'ait connu l'Algérie, il reste inconnu à ce jour. Il a été pourtant un artiste complet. Il était un excellent comédien, chanteur et metteur en scène.
Très cultivé, il fut le premier Algérien à obtenir un diplôme de metteur en scène de la Sorbonne.
Sa famille ne vivait pas avec lui. Il était séparé d’elle. À la veille de l’Aïd 1982, il avait emmené des habits neufs à ses enfants qui logeaient avec leur mère à Bologhine.
Après avoir remis les cadeaux à leurs destinataires, il a fait demi-tour et à mi chemin, une de ses enfants l’a appelé et en se retournant une voiture l’a fauché. Il fera 3 jours de coma avant de s’éteindre.
 Au lendemain de sa mort, le TNA annonce qu’il met ses bus à la disposition de ceux qui veulent assister aux obsèques de Hadj Omar. N’est-ce pas qu’il aurait mieux fait de se taire

S.A.H



(1921-1969). Compositeur, chef d’orchestre, interprète et comédien.
De son vrai nom Khaled Amraoui, Al-Missoum naquit à la Casbah d’Alger où son père détenait un petit commerce. Il a fréquenté, à l’âge de 15 ans, l’école coranique et française, puis l’école pratique du commerce et de l’industrie.
Quatre ans plus tard, il apprend le solfège chez Jean Estang, professeur de musique bien connu à Alger à l’époque. Ses dons d’artiste se manifestèrent alors qu’il n’avait que neuf ans.
Son oncle qui était Imam lui apprit à psalmodier le Coran à la mosquée de Sidi M’Hamed Chérif. Elève de Rey Malek, il apprend à jouer de la guitare avant de faire le conservatoire et se spécialiser dans le genre oriental. Il adorait tellement le chant et la musique de l’égyptien Mohamed Abdelwahab qu’il a tout fait pour l’imiter. Il jouait du luth avec beaucoup de maitrise. Sa voix forte et harmonieuse ainsi que ses touches au luth faisaient le régal de ses nombreux admirateurs.
Avec Maâmar Ammari, il formera en 1946, le premier orchestre moderne dans lequel son frère Hadj Omar, le futur dramaturge, était le chanteur qui assurait l’animation des fêtes familiales en interprétant des chants patriotiques, des qacidates chaâbies et des Mouachahates. Khelifi Ahmed, Mohamed Tahar Fergani et Mustapha Slim y avaient collaboré.
Ses chansons Elli galbak khayan galbi (celle dont le cœur a trahi mon cœur), Ya nass elyoum ( Ô gens d’aujourd’hui) et Kiffah tgoul anssak (Comment t’oublierais-je) furent des succès.
Les années 40, c’est aussi le triomphe des chansons de spectacle qu’interprétaient dans les cafés maures, des artistes venus de partout, de toutes les régions du pays.
Bien sur il y avait les Cheikhs Mohamed El Ghelizani, El Afrit, Selim Halali, Amar Outtada dont le thème privilégié était l’amour révolté à contre-courant de la morale ambiante mais bien adaptées aux transplantations urbaines.
Alors que les juifs algériens avec Lili Boniche (Wahra El Bahia, Lil ou nhar Zahia) ; Renaut Journaud, Lila El Abassia, Sassi, Marie Soussan chantaient en arabe populaire, l’étoile d’El Bar Amar de Ouled Djelal, le brillant interprète de Ya ras el mahna ne cessait de monter. Dans ce monde hybride effervescent, qui porte aux nues la marginalité d’une Algérie décomposée, des femmes proscrites, sans instructions trouvent un refuge, à l’image des Masmaâtes telles que Latifa, Lila El Djazaïria, Keltoum El Blidia (danseuse puis brillante comédienne), Meryem Fekkaï, Chérifa, Hnifa et bien d’autres encore. Missous qui se produisait dans l’un des cafés Randon en a subi les influences bien que sa formation artistique fut celle des Medahines avec son apport religieux et patriotique des premières écoles de Hadj Bouchiba. Ce brassage culturel d’Alger de la fin des années 30 se retrouvera dans la dimension maghrébo-orientale qui caractérise l’évolution future de la musique de Missoum. C’est au profit du MTLD et pour assurer sa pénétration dans les milieux de l’émigration, qu’il part en France en 1949.
 C’est là qu’il composa la Casbah, Ya Fellah, en collaboration avec son demi-frère Hadj Omar, auteur et metteur en scène connu du théâtre.
Son pus grand succès dans les milieux algériens de France fut alors Ana el Arbi (moi l’arabe) sur l’air d’Ana targui de Raoul Journo. Il mit à profit son séjour en France pour apprendre le solfège et quelques éléments d’harmonie et de contrepoint.
De 1949 à 1958, il n’arrêta pas de collaborer assidument à l’action politique auprès de l’émigration algérienne, il fit même a cause de cela quelques mois de prison à Grenoble où il avait été arrêté pour avoir chanté en plus de Ana El Arbi, l’hymne nationalise algérien Fidaou El Djazaïr (Qassaman n’était pas encore parvenue en France), on le prenait pour un Messaliste ! En sa qualité d’ancien scout Musulman, Ahmed Hachelaf a pu lui transcrire les paroles de Min Djibalina, l’hymne national avant Qassaman, et de Chaâbou El Djazaïr pour compléter son répertoire de chants patriotiques avant de lui rapporter une copie de Qassaman obtenue à radio-maroc en 1958.
Tout rentra finalement dans l’ordre et Missous poursuivit son action nationaliste dans les milieux de l’émigration. En 1954, il rencontre Iguerbouchene et Jamoussi à Paris et s’inscrit à l’Institut Supérieur de Musique. A partir de 1955 et malgré la répression de la police métropolitaine, il a été le premier chef d’orchestre algérien, à avoir assuré à l majeure partie des chanteurs algériens notamment un savoir qui leur a permis de passer de l’oralité a l’orchestration. Généreux et persévérant, il a consacré sa vie à l’émergence d’une véritable école artistique. Ses interprètes furent Salima, Thouraya, Saloua, Noura, Meryem, Abed, Nadia, Mustapha El Anka, Driassa, Akli Yahiaten et bien d’autres encore.
 En 1962, il rentre à Alger juste pour fêter l’indépendance. Ce grand compositeur de l’Algérie moderne mourut au mois de mars 1969, à la suite d’une opération du foie à l’hôpital de la cité universitaire de Paris. Il fut enterré à Sidi Abderrahmane Thaâlibi, à Alger.


*N'est ce pas le sort réservé à notre El Mahroussa?

Oui Mahroussa; De toute part par la saleté,les détritus de toutes sortes et les égouts à plein ciel.

Plutôt,la mal nommée,au vu de la situation qui prévaut depuis des années !! 

...A suivre

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